CONCLUSION

 

 

CONCLUSION

Il est probable qu’il faudra chercher des

outils théoriques du côté des travaux de cognitivistes

sur le rôle de l’inhibition de routines

comme moteur du développement (travaux de

O.Houde, [35]) et des confirmations empiriques

du côté des transgressions en général

en mathématiques (article en préparation). Le

rapport au savoir dépend en grande partie du

rapport aux règles et donc aux contre-règles.

Celles-ci n’apparaissent bien sûr que dans

une perspective de construction/confrontation

des savoirs.

Par exemple, “la pensée géométrique se

développe et s’approfondit, en se projetant et

s’enroulant à la fois dans un mouvement

complexe de va et vient, entre l’exigence de rectitude

et de rigueur, incontournable, et l’attrait

irrésistible pour les “courbes” multiples qui

caractérisent le déviant, le non conforme,

non calibré, non mesuré, non encore …ouï ni

conçu” (E. Barbin)

On voit alors comment la gestion de ces

conflits dépend du milieu de l’élève, de ses rapports

aux transgressions, aux règles sociales

et aux interdits, de la place de sa langue maternelle

dans l’expression de ces conflits. (et

chez nous le créole est cette langue ). Les fondements

du travail rhétorique de chaque individu

sont probablement installés très tôt de

façon privilégiée, dans l’enfance, et à partir

de la langue maternelle.

Un groupe de travail de la section guadeloupéenne

de l’Irem. travaille en ce moment

sur les questions de ce type. Il y a là tout un

travail à faire pour élucider tous ces rapports.

Le travail dont témoignent ces remarques

n’aurait pu commencer et continuer sans la

participation de Annie Dick et Nicole Fréjaville,

professeurs de lettres, et sans la complicité

de Jean Bichara, responsable de la

section guadeloupéenne de l’I.R.E.M.A.G.

Enfin, il me semble de notre responsabilité

de développer consciemment chez nos élèves

l’attitude d’emblée subversive qui caractérise le

travail scientifique, même si apparemment, ses

phases de repos donnent au non averti, l’impression

qu’on applique des règles.

“En refusant le formalisme pur, en exigeant

l’intelligible, le futur esprit scientifique va

courir, de gaîté de coeur, le risque de l’erreur”

(R. Thom).

Le point de vue rhétorique en mathématiques

me semble favoriser le programme de

Leibniz pour qui l’activité mathématique était

l’exercice d’une “logique de l’imagination”.

Mon propos court sans doute le risque d’être

peu clair, mais comme l’indiquait Cioran,

“Rien ne dessèche tant un esprit que sa répugnance

à concevoir des idées obscures”.