Assumons notre stade oral!

 

Une belle semaine

J'ai relu avec toujours autant de plaisir le livre autobiographique de Laurent Schwartz   « Un mathématicien aux prises avec le siècle ». J'ai particulièrement retenu quelle place avais tenu l'oral dans sa découverte et sa pratique des mathématiques.

Dans la foulée j'ai parcouru avec plaisir dans le site de M. Nérac les pages consacrées se à l'oral en classe de mathématiques. On n'y trouve des conseils et des outils pour développer la parole de l'élève en mathématiques

Le hasard faisant bien les choses ,pour une fois, j'ai lu le beau livre de Jean-Pierre Terrail : « de l'oralité ». C'est un travail qui montre une chose bien oubliée des programmes, à savoir que l'appropriation des concepts se fait autant par la parole que par l'écrit. L'écrit peut avoir l'allure de phrase ou de formule. Une appropriation seulement écrite a  ses limites. Les exemples ne manquent pas : formulation de Thalès, de Pythagore, définition de la continuité de la limite d'une suite.

Il montre aussi comment le scriptocentrisme  parasite l’enseignement, y compris des mathématiques, et empêche l’accès aux outils scientifique en coupant les formalismes de leur contenu.

Sans oublier la désinvolture envers les cultures dites orales supposées faire obstacle à l’accès aux mathématiques. La thèse des « handicaps socio-culturel » y prend souvent racine , thèse aussi paralysante pour l’enseignement que sa cousine, la  « thèse des dons ».

J'ai toujours considéré comme une grave lacune de l'enseignement des mathématiques  en France la disparition des épreuves orales obligatoires aux divers examens. Cette disparition, couplé au problème de calme dans les classes, à contribué à rendre encore moins efficaces nos efforts pour donner à l'élève les moyens de l'appropriation. La question des moyens en enseignants nécessaires est dérisoires si  on la ramène à l'enjeu : donner à une génération les outils mathématiques et la culture mathématique nécessaire pour maîtriser la science et la technique, et même des sciences humaines ou les lettres et les arts. On doit nous en donner les moyens pour remettre l’oral au second foyer de l’évaluation au bac et à tous les examens, le premier foyer étant l’écrit.

Sur ces remarques elliptiques, je vais prendre un punch.Ce qui me rappelle qu’un de mes collègues  de l’irem de Guadeloupe,Jean Bichara, a fait de beaux travaux sur l’oral en maths, à partir de son expérience d’émission de radios « maths grand public ».