à propos du principe de charité

Etonnant piège que ce mot de "réforme"!

Il est associé individuellement à de saines réactions contre les injustices, au besoin d'aller plus

loin pour améliorer le sort des gens,

Certains s'en servent hélas comme cheval de Troie pour faire passer des retours en arrière

ahurissants, Un des plus récents est contenu dans ces deux chiffres : le coup de l'inscription à

Paris Dauphine dans certaines formations était de 231 euros cette année.L'inscription va passer

l'an prochain à 4000 euros. Effet de la nouvelle"réforme"!

Cette naîveté qui laisse fonctionner en chacun le piège a quelques racines.

Une au moins est le "principe de charité".

Quand A parle à B avec certains mots, leur contenu n'est évidemment pas le même pour les deux

 interlocuteurs, et B le sait. Il sait en tout cas que ces contenus ont un noyau commun,mais

ausissi que la différence symétrique de ces contenus n'est pas vide.

Pour que la communication ait lieu, il a pris souvent l'habitude, souvent, de faire comme si la

signification utilisé par A faisait partie du noyau commun.Il fait "comme si....".

C'est ce que d'aucuns appellent le "principe de charité". C'est un outil puissant pour

communiquer mais qui peut devenir nocif sans un minimum d'esprit critique.

Il fait partie de la négociation du contrat entre A et B pour communiquer.

L'apprentissage mathématique est un lieu où ce principe est utilisé évidemment:

- quand l'élève fait confiance à l'enseignant en attendant de comprendre la démonstration faite

 en classe

- quand l'enseignant essaie de comprendre ce que l'élève dit au delà des mots maladroits qui lui

servent à exprimer sa pensée

Mais l'enseignement des mathématiques a cette spécificité qu'il y a des moments où les deux

parties, refusent d'appliquer ce principe : si tu me dis "rationnel", tu n'as pas dit "réel".

Si tu me dis isocèle, tu n'as pas dit équilatéral. Je sais que tu voulais dire équilatéral, mais je fais

comme si je ne le savais pas . Etc ...

Ce moment "impitoyable" est nécessaire  pour la formation en maths, mais aussi pour celle du

citoyen.

Certes, on ne peut pas toujours refuser la communication avec l'élève tant qu'il n'a pas utilisé les

bons mots. Mais il est indispensable de réserver des moments privilégiés où la rigueur de langage

 sera indispensable , par exemple le moment de rédaction ou certains moments de démonstration

 publique en classe

Ce serait une attitude peu charitable pour le futur citoyen que de lui appliquer trop souvent le

principe de charité : c'est un peu notre originalité dans la formation de l'humain.

 

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